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En 2024, les dépenses des abonnés sur OnlyFans ont atteint 7,22 milliards de dollars à l’échelle mondiale, et la plateforme a reversé plus de 25 milliards de dollars à ses créateurs depuis son lancement. En France, des milliers d’indépendants tirent aujourd’hui des revenus réguliers de ce type d’activité. Mais derrière les chiffres, une réalité administrative s’impose : la fiscalité française ne laisse aucune marge à l’improvisation, et les pièges sont nombreux pour qui n’est pas correctement accompagné.
Ce que le fisc sait déjà avant votre déclaration
Depuis 2023, la directive européenne DAC7 oblige les plateformes numériques à transmettre les revenus de leurs utilisateurs à l’administration fiscale de leur pays de résidence. OnlyFans, via sa société mère basée au Royaume-Uni, communique ces données au fisc britannique, qui les partage automatiquement avec la Direction générale des finances publiques française. Le montant exact de vos gains est donc connu de l’administration avant même que vous ayez rempli votre déclaration.
L’argument de l’ignorance ne tient plus. Les revenus générés sur ces plateformes sont imposables dès le premier euro, sans seuil minimum. En cas de non-déclaration, le redressement peut remonter sur trois ans, voire dix ans si l’activité n’a jamais été déclarée, avec des majorations allant de 40 % à 80 % selon la gravité des faits.
C’est dans ce contexte qu’un expert-comptable onlyfans prend tout son sens : pas uniquement pour remplir des cases, mais pour construire une stratégie fiscale adaptée à une activité dont les revenus peuvent évoluer très vite.
Les erreurs les plus fréquentes, et ce qu’elles coûtent
La première erreur, et de loin la plus répandue, consiste à déclarer le montant reçu sur son compte plutôt que le chiffre d’affaires brut. OnlyFans prélève 20 % de commission : si un abonné paie 100 €, la plateforme reverse 80 €. Mais c’est bien 100 € qui doivent être déclarés à l’URSSAF. Déclarer systématiquement le net, c’est minorer son chiffre d’affaires de 20 %, ce qui constitue une fraude exposant à un redressement quasi certain.
La question de la TVA est elle aussi plus complexe qu’il n’y paraît. Suite à un arrêt de la Cour de justice de l’UE rendu en 2023, OnlyFans est reconnu comme « fournisseur présumé » et prend en charge la TVA sur les abonnements : le créateur n’a donc pas de TVA à facturer sur ces revenus. Ce traitement ne s’applique pas à MYM, plateforme française, où le créateur qui dépasse le seuil de franchise (37 500 € de chiffre d’affaires en 2026) doit facturer 20 % de TVA. Confondre le traitement des deux plateformes peut coûter cher.
Autre point souvent négligé : la Cotisation Foncière des Entreprises. Exonérée la première année, elle devient exigible dès la deuxième si le chiffre d’affaires dépasse 5 000 €, pour un montant compris entre 200 et 600 € selon la commune. Peu de créateurs l’anticipent.
Micro-entreprise ou société : un choix qui engage
En micro-entreprise (régime BNC), les cotisations sociales s’élèvent à 25,6 % du chiffre d’affaires brut en 2026, auxquelles s’ajoute l’impôt sur le revenu après un abattement forfaitaire de 34 %. Le plafond de chiffre d’affaires est fixé à 83 600 euros annuels. Ce régime convient bien aux créateurs débutants ou à ceux qui génèrent moins de 4 000 euros par mois avec peu de frais.
Au-delà de ces seuils, ou pour les créateurs souhaitant optimiser leur situation, la création d’une société (SASU ou EURL) devient pertinente. L’impôt sur les sociétés s’applique à 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice, puis à 25 % au-delà. En SASU, une rémunération en dividendes soumise au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % permet d’éviter les cotisations sociales sur cette part. La structure sociétaire est également la seule qui permette de déduire certaines charges : matériel audiovisuel, logiciels, loyer d’un studio dédié, frais d’agence.
Un dernier point souvent sous-estimé concerne la domiciliation. Une micro-entreprise déclarée à son adresse personnelle rend cette dernière visible sur les registres SIRENE, accessibles à tous. Une société de domiciliation, pour environ 20 € par mois, règle ce problème discrètement.
La décision entre ces deux statuts ne se prend pas à la légère : elle dépend des revenus actuels, des projets à moyen terme et de la présence éventuelle d’autres sources de revenus. C’est précisément pourquoi l’accompagnement d’un professionnel spécialisé fait la différence, bien au-delà de la simple déclaration annuelle.